05/06/2015

A NEW DEAL IN NEW YORK

It seems there is a new player in the Resort game. After Louis Vuitton, Chanel or Dior who all decided to take their guests in some far away and iconic destinations to show their Cruise 2016 collections, Gucci could not remain passive and count the points. The legendary Italian house that has been enduring an extreme makeover for a few months now had to prove that its prestige was still impeccable. After Frida Giannini's departure and Alessandro Michele's arrival, what had to be done was colossal (rejuvenating the brand and making sales rise) and we could have thought that such a young and unknown designer would have experienced some harsh beginnings. Yet, since his first show in March for the Autumn/Winter 2015/16 collections, the challenge has seemed under the best auspices and Michele has considerably dusted the Belle Endormie. We have to say that under Giannini's reign, each and every collections were quite gimmicky and revolved around the idea of a wealthy, sexy, classy(cal) woman from the 70s who loves power, rich fabrics and bold colours. Beautiful but in our opinion, quite boring. By appointing Alessandro Michele at the head of Gucci, Kering made a risky bet but in the same way Hedi Slimane has done with Saint Laurent (making the brand extremely appealing to younger clients), the Roman designer has set up a brand new deal and made Gucci enter the 21st century in the best of ways.

On dirait bien qu'il y a un nouveau participant dans "la guerre des collections Croisière". Après Louis Vuitton, Chanel ou Dior qui ont tous décidé d'emmener leurs invités dans des destinations lointaines et iconiques pour montrer leurs nouvelles collections, Gucci ne pouvait pas rester à les regarder et à compter les points. La légendaire maison italienne qui vient de subir un ravalement de façade radical se doit de prouver que son prestige est impeccable! Après le départ de Frida Giannini et l'arrivée d'Alessandro Michele, le chantier était colossal (rajeunir la marque et faire remonter les ventes) et on aurait pu penser qu'un designer si jeune et inconnu aurait connu des débuts un peu compliqués. Et pourtant, depuis se première collection (Automne Hiver 2015/16) présentée en mars dernier à Milan, le challenge semble sous les meilleurs auspices et Michele a déjà considérablement dépoussiéré la Belle Endormie. On doit bien avouer qu'on trouvait que les collections de Frida Giannini étaient devenues des sortes de gimmicks où la femme qu'elle imaginait semblait tout droit sortie des seventies, était toujours riche, sexy, class(ique) et affectionnait le pouvoir, les belles matières et les couleurs profondes. Certes c'était beau mais c'était quand même pas très excitant tout ça... En nommant Alessandro Michele à la tête de Gucci, Kering a fait un pari risqué mais comme ce qu'Hedi Slimane a fait chez Saint Laurent (donner une envie irrépressible à des clients plus jeunes d'acheter la marque), le designer originaire de Rome a définitivement instauré une nouvelle donne et a fait entrer Gucci dans le 21ème siècle de la plus belle des manières.


So, for its first ever Cruise show (not collection), Gucci decided to take its guests to New York and more precisely to the Chelsea district to, in a way, put the clothes in context. Don't worry, we are still talking about luxury here but yet, something has changed and the noble Italian house will never be the same again. Indeed, contrary to its counterparts (and adversaries) Gucci did not choose an architectural monument to show its collection. No Bubble Palace, no Bob Hope's House or no Korean Dongdaemun here, just a garage and a street (at the beginning of the show, the garage doors opened and models coming from the street came in). A maximal contrast for a collection that is the logical outcome of what we saw in March, during the Autumn/Winter 15/16 Fashion Week. If we had to sum up this collection with a few key words, it would give something like this:"elegance/embroideries/eccentricity/androgyny/audacity/outdated and some animals". Perhaps, you are wondering why we are using "outdated" as a word to describe this collection. Actually, in French the word suranné is more appropriate but it seems that in English, things cannot be at the same time actual and out of fashion. It's quite a difficult concept. When we saw this Cruise 2016 and even before, when we saw the AW15, a sweet feeling inundated us, a kind of sweet nostalgia of a time we did not experience ourselves but that we had the impression to know. An unconscious yet very present thing making us say that if we were girls, we'd love to wear Gucci by Alessandro Michele because it may seem old-fashioned but it's exactly what we'd love & need to wear. 

Pour son tout premier défilé croisière (il y avait déjà eu des collections croisières mais pas sous forme de show), Gucci a décidé d'envoyer ses invités à New York et plus précisément, dans le quartier de Chelsea pour, d'une certaine manière, mettre ses vêtements en situation. Ne vous méprenez pas, on parle bien de maison de luxe mais, quelque chose a changé et la noble maison italienne ne sera plus jamais la même. En effet, contrairement à ses "homologues" et néanmoins adversaires, Gucci n'a pas choisi une merveille d'architecture pour présenter sa collection. Ici pas de Palais Bulles (comme chez Dior), pas de maison de Bob & Dolorès Hope (comme chez Louis Vuitton) ou encore pas de Dongdaemun coréen (comme chez Chanel), rien de tout ça mais juste un garage et une rue (au début du défilé, la porte du garage s'ouvre et les mannequins venant de la rue font leur entrée). Un contraste maximal pour une collection qui est la suite logique du défilé présenté à la dernière Fashion Week Automne Hiver 2015/16. Si l'on devait résumer cette collection Croisière 2016 en quelques mots, ça donnerait quelque chose comme ça: "élégance, broderies, excentricité, androgynie, audace, suranné et quelques animaux". Vous vous demandez sans doute pourquoi nous utilisons l'adjectif suranné pour décrire la collection. Ici, on ne voit pas de côté péjoratif à ce mot. C'est plutôt difficile à expliquer en fait. Quand nous avons vu cette collection et même avant, avec le défilé AH2015/16, un sentiment doux amer nous a submergés, comme la douce nostalgie d'une époque qu'on n'a pas connue mais qu'on a l'impression de connaître. Quelque chose d'inconscient mais de très présent qui nous fait dire que si nous étions des filles/femmes, on aimerait porter du Gucci par Alessandro Michele parce que ça peut sembler démodé et pourtant c'est exactement ce qu'on aurait besoin et envie de porter.








Once again, Alessandro Michele's key to reboot Gucci lies in the idea of contrast. The designer loves to play with this idea to create a prejudice-free area. Here, it is almost impossible to describe a silhouette with only one word. The clothes, the styling and even the models are here to mislead us. The boys look androgynous and fragile just like little birds fallen from their nests and girls seem to be the toughest ones (this idea is far from disturbing us!), the kind who reads Simone de Beauvoir (in French of course!) and who absolutely adores what a show like GIRLS say of a girl's life nowadays (perhaps, the fact that the collection was presented in NYC is a secret tribute to Lena 'Hannah Horvath' Dunham...). There is contrast everywhere in these silhouettes! A disco lamé pleated skirt is counterbalanced with a very naive Toile de Jouy sweater, a sexy lace dress is worn with a silver bomber jacket or a leather skirt is styled with a mustard jumper filled with embroideries (flowers & birds) + a white shirt with a large and very well-bred girl collar. The styling is major in this collection and in the work of the designer. This is what will infuse through the collection to give you the exact vision of what is the Gucci girl now. So who is the Gucci girl? She loves eccentricity by mixing prints (flowers, toile de Jouy, carpet-like), patterns (zigzags) and fabrics (python, fur, lace, leather, silk...). She is fond of transparency, is never afraid of showing a little bit of skin (even a tit sometimes) and lives for trimmings, embroideries, frills and of course, large bows! She is a modern-day girl living in a 40s, 60s, 70s world. "A no gender girl" who loves wearing a black suit but not in pink because pink is for boys. A poisonous girl with a snake embroidery on her lace top who, behind her nerd-like spectacles, attracts you, catches you and bites you. She is the one with power, the one who decides what she will do with her life. If she wants to wear an evening dress with a beret that's her problem and you have nothing to say! If she plays sport in a lace dress or if she is in a purple total look mood, just wait, forget your prejudices and watch the result, the Gucci is always sumptuously in control!

Une fois encore, le point de départ d'Alessandro Michele dans son projet de reboot de Gucci repose sur l'idée du contraste. Le designer adore jouer avec cette idée pour créer une sorte de zone garantie sans idées préconçues. C'est presque impossible de décrire une silhouette avec un seul mot. Tout, des mannequins aux vêtements en passant par le styling, est fait pour nous dérouter. Les garçons (il y avait quelques mannequins hommes qui défilaient) sont androgynes et fragiles tels des petits oiseaux tombés du nid et les filles semblent bien plus fortes (cette idée n'est pas pour nous déplaire!), le genre qui lit Simone de Beauvoir en français dans le texte et qui adore ce qu'une série comme GIRLS peut raconter de la vie des filles de nos jours (le fait que le défilé se passe à New York est peut-être un hommage caché à Lena "Hannah Horvath" Dunham...). Tout dans ces silhouettes est affaire de contrastes. Une jupe plissée en lamé très disco est contrebalancée avec un sweat en toile de Jouy,  une robe en dentelle très sexy est mixée avec un bomber argenté ou bien encore, une jupe en cuir est stylée avec un pull jaune moutarde rempli de broderies (fleurs et oiseaux) + une chemise blanche avec un large col très jeune fille de bonne famille. Le styling est majeur dans cette collection et à une plus large échelle, dans le travail du créateur. C'est ce qui va faire que l'on va avoir la vision la plus nette de ce qu'est la fille Gucci maintenant. Mais justement, qui est la fille Gucci? Elle adore l'excentricité en mixant les imprimés (fleurs, toile de Jouy, imprimés tapis persans), les motifs (zigzags) et les matières (soie, cuir, fourrure, python, dentelle...). Elle adore les jeux de transparence et n'a pas peur de montrer un peu de peau (et pourquoi pas même un téton!) et ne vit que pour les fanfreluches, les broderies, les embellissements, les volants et bien sûr, les gros nœuds! C'est une jeune fille moderne qui vit dans un monde des années 40, 60 et 70. Une fille "agenrée" qui aime porter un costume d'hommes mais surtout pas en rose parce que le rose c'est pour les filles. Derrière ses lunettes d'intello, c'est aussi une fille vénéneuse qui porte un top en dentelle avec une broderie de serpent qui t'attire, t'attrape et te mord. C'est elle qui a le pouvoir et qui décide ce qu'elle doit faire de sa vie. Si elle a envie de porter une robe du soir avec un béret, c'est son choix et vous n'avez rien à redire! Si elle veut faire du sport en robe en dentelle ou si elle est d'humeur à porter un total look violet, ne dites rien, observez, oubliez vos préjugés et regardez le résultat, la fille Gucci a toujours somptueusement le contrôle de la situation!


All the pictures can be found on the Dazed Website and are courtesy of Gucci.
Head to Gucci.com to have a look at the whole collection.




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