08/06/2015

ULTRA FASHION!

The legacy of iconic fashion houses does not necessarily need to be updated, to be modernized or carried on with the appointment of a new, young and talented designer. Sometimes, the best way to keep this legacy alive is to let it be curated in a museum or in the archives for the sake and the vision of the former designer. Trying to make new things with old stuff is, in our opinion, not very creative. Some legacies and their relevance as well belong to a specific decade and it is almost impossible to translate them in our post-internet era. Some iconic designs must keep a dark side. Yet, the legacy of some fashion houses cannot stay locked up in the archives department. For instance, the Maison Martin Margiela impossible wardrobe has to go on. Martin Margiela has definitely changed the face of the industry by establishing the modern era of creation pushing conceptual aesthetic to its limits, bringing low and profane to luxury and chaos to couture.


Il n'y a pas toujours besoin de remettre au goût du jour ou de moderniser certaines grandes maisons de mode iconiques. Ou bien encore de nommer un jeune et talentueux designer pour relancer une maison endormie depuis longtemps (on pense notamment à Courrèges qui est tellement connoté 60s). Parfois, la meilleure façon de perpétrer cet héritage c'est de l'exposer dans des musées ne serait-ce que pour respecter la vision du designer précédent. Selon nous, essayer de faire du neuf avec du vieux ça n'est pas très créatif. Certaines créations sont vraiment révélatrices d'une époque donnée et c'est presque impossible de les traduire en langage moderne, dans notre époque post-internet. Certaines créations iconiques doivent garder une part d'ombre. Cependant, l'héritage de certaines autres maisons ne peut pas et ne doit surtout pas être enfermé dans la section archives. Ainsi, l'impossible garde-robe de la Maison Martin Margiela doit continuer. Martin Margiela a définitivement changé l'industrie de la mode en établissant l'ère moderne de la création, en repoussant toujours plus loin les limites de l'esthétique conceptuelle, en injectant du profane/de l'ordinaire dans le luxe, du chaos dans la couture.





John Galliano's appointment at the head of the Maison Margiela collections has been meant to light up the fire of the house. The Artisanal Collection (the Couture collection in the Margiela jargon) has proved that he is the perfect heir for the house. This Child of the Revolution is not dead yet. His arrival has just brought back a lot of excitements and expectations. The Autumn Winter 2015/16 ready-to-wear collection has the unexpected vintage aesthetic that doesn't seem new at first glance. Obviously, it is just an impression. Galliano's creations just look easy on the surface, but there is a lot of mysteries, secrets and savoir- faire hidden under the layers, the curves and the draperies. Beauty always comes from what is lying underneath the surface of things and from unexpected places. Galliano portrays formidable and indomitable individualist women wearing a wardrobe made out of pieces expressing craziness, lightness, playfulness, easiness, boldness and uniqueness. Delicate pieces empowered by Galliano's voracious creativity. He owns the Margiela vocabulary. All the pieces have this Galliano's magical touch apposed on the white label (to add his own touch he turned the Maison Martin Margiela into Maison Margiela). The anonymous vibe has disappeared as some models were playing dramatically on the runway. Fashion desperately needs this kind of spectacular show must go on spirit. That's why Galliano is one of the best fashion storytellers as he always makes us travel either in the future or in the past and makes us dream with his weird muses. 

La nomination de John Galliano à la tête des créations Maison Margiela a pour but de restaurer l'aura de la maison. La Collection Artisanale (la ligne couture dans le jargon Margielesque) a d'ailleurs prouvé qu'il en était un digne héritier. Son arrivée, l'année dernière, a entraîné beaucoup d'excitation et d'attentes. La collection prêt à porter Automne Hiver 2015/16 a un côté vintage inattendu qui ne semble pas nouveau à première vue. Bien sûr, ce n'est qu'une impression. Les créations de Galliano ont juste l'air faciles mais quand on y regarde de plus près, il y a du mystère, du secret et du savoir faire cachés sous les superpositions, les courbes et les drapés. La beauté vient toujours de ce qui est caché en dessous, sous la surface des choses, d'endroits inattendus. Avec cette collection, John Galliano dresse le portrait d'une femme individualiste et indomptable qui possède une garde-robe unique exprimant la folie, la légèreté, l'envie de prendre la vie comme un jeu, la radicalité et l'audace. Cela donne des pièces délicates qui prennent une nouvelle dimension grâce à la créativité vorace de Galliano. Le côté anonyme de la Maison Margiela a disparu avec l'arrivée du génie anglais et sur le podium, des mannequins se transformaient en actrices de tragi-comédie. La mode a un besoin énorme de ce côté the show must go on et c'est pourquoi elle a besoin de raconteurs d'histoires comme John Galliano. Avec ses muses étranges, il arrive toujours à nous emmener ailleurs que ce soit dans le passé ou le futur.






The ready-to-wear is not over the top like the Artisanal collection was, but the pieces stand by their drama and uniqueness. The references to Margiela's legacy are not that obvious. Galliano wants his collection to be Maison Margiela and not Maison Martin Margiela. It's a new beginning that demands a brand new vocabulary based on the Margiela savoir-faire. It's a wardrobe of showstopper pieces such as the cut velvet and jacquard maxi coat worn over a wool jumper and a plaid skirt, the cotton tulle beaded dress worn over a lace bodysuit, the suede maxi coat worn over a dress with a front cut-out and inside-out plaid skirt and the marabou feather trimmed sheer top paired with satin masculine trousers. Models are wearing shoe-porn delights such as the Mary Janes with oversized ankle straps and faux fur slippers. Some pieces have utility vibes such as a pinstripe wool jacket worn upside down and transformed into a bustier. Some silhouettes look like replica of "old school" Margiela like the look 15 made out of a printed silk dress reminding us of the model bust. After all, re-editing in a perfect way pieces from different decades is part of the Margiela's legacy! Galliano can play with it and we can't wait to see his signature on both the menswear and the MM6 collections!

Bien sûr, cette collection AH15/16 n'atteint pas les sommets de la collection Artisanale mais tout de même, les vêtements se suffisent à eux-mêmes grâce à leur côté unique et dramatique. Les références au vocabulaire Margielesque ne sont pas si évidentes de prime abord car John Galliano veut que sa collection soit du Maison Margiela et non du Maison Martin Margiela. C'est un nouveau commencement qui demande un nouveau vocabulaire basé sur le savoir faire de la maison. C'est une garde-robe de pièces qu'on est obligé d'admirer comme ce manteau oversize en jacquard et velours porté avec un pull en laine et une jupe à carreaux ou encore cette robe en tulle et coton couverte de perles portée sur un body en dentelle. On pourrait aussi vous parler du haut transparent orné de plumes de marabout associé à un pantalon masculin en satin. Concernant les chaussures, c'est le paradis! Les mannequins portent des Mary Jane avec de grosses boucles oversize sur les chevilles ou encore des chaussures plates en fausse fourrure. Quelques pièces ont aussi un côté fonctionnel comme la veste en laine à rayures portée à l'envers et transformée en bustier. Quelques silhouettes sont aussi très proches de l'esthétique Margiela comme le look numéro 15, une robe en soie imprimée qui nous rappelle un buste de modèle. Après tout, ré-éditer à la perfection des pièces d'autres décennies fait partie de l'héritage de Martin Margiela et John Galliano prend du plaisir à jouer avec lui. Tout cela fait que notre impatience grandit de jour en jour à l'idée de voir ce qu'il va imaginer pour la ligne Hommes et la collection MM6.






Pics by Chloé Le Drezen via Dazed Digital




Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire