20/07/2015

FLANEURS & PUNKS

The Comme des Garçons collections always have a strong impact on me. It's hard to really say what you love or hate right after one of Rei Kawakubo's collection is presented. However, love or hate is not part of my initial reactions after her collections. I'm often dazed, confused, deranged and at the same time obsessed with what she creates. She doesn't have one definition of beauty, but she does express her philosophy throughout her collections. What comes first is her deconstructionist ethos which is just the surface of things. Her clothes have so much uniqueness that they go beyond one definition of beauty or one creative process. Doing something that has never been done is probably one important motto for her and it keeps on coming collection after collection. 

Les collections Comme des Garçons me font toujours un très grand effet. Après chacune des présentations de Rei Kawakubo, il m'est difficile de dire ce que j'ai aimé ou pas. D'un autre côté, je ne suis pas certain que l'amour ou la haine soient des sentiments que j'éprouve après avoir vu ses collections. Je suis souvent troublé, abasourdi, dérangé mais en même temps complètement obsédé par ce qu'elle arrive à créer. Rei Kawakubo n'a pas une seule définition de ce qu'est la beauté mais elle exprime plutôt sa vision de celle-ci tout au long de ses collections. D'abord, on remarque sa philosophie déconstructionniste qui repose à la surface de ses créations. Ses vêtements sont tellement uniques qu'ils vont bien au delà d'une seule définition de la beauté ou d'un seul processus créatif. Pour elle, le plus important c'est de faire quelque chose qui n'a jamais été fait et de continuer à faire ainsi collection après collection.

When writing this article, I was thinking of the chaotic or broken tailoring of the Spring/Summer 2016 Comme des Garçons Homme Plus collection but also of this belief in Japan saying that when something has been damaged and mended, it becomes even more beautiful. This philosophy reminds me of the concept of her Dover Street Markets. I think beautiful-chaos can be Kawakubo's definition of beauty and this philosophy can be read on every silhouette of her S/S16 Homme Plus collection. It is an army of punk-flâneurs who certainly believe in the "live free and die strong" spirit. Originally, the term Flâneur was used by Baudelaire to portray an artist who is independent, passionate and altruistic. This archetype of a modern man goes hand in hand with the characters depicted by Rei Kawakubo. The models are all wearing a yellow twisted headdress matching the color of their hair or a Gavroche-like hat. They have opted for a suit with trousers or shorts that are oversized, almost looking like skirts. The clothes are broken, mended and embellished with press studs on the vests, the trench coats, the jackets and the shirts. There are holes, cut-outs and carvings on the pieces as if they had endured some surgical dissections. There are odd, unusual gaps on the back, on the sides and on the sleeves of the jackets or slits on the trousers. There are patchworks of fabrics reminding me of the Boro technique (the Japanese art of mixing fabrics ) cherished by Junya Watanabe. The silhouettes are built on this idea of blending textures, fabrics and proportions. For instance, a Gainsborough like painting of the English country-life printed on a suit is matching a press studded vest and its checked shirt. Only Kawakubo can bring up a lot of beauty and express a wardrobe with so much power and freedom. Once again, she proves that beauty is the result of uncommon craftsmanship & unexpected perfection, and points out the value of things. Now, I understand why she believes that there's no definition of beauty. There are simply no rules. If one is able to create with this belief it means that one is free to create without any limits.

En écrivant cet article, je pensais aux vêtements "chaotiques" ou déconstruits de la collection Printemps Eté 2016 de Comme des Garçons Homme Plus mais également à cette croyance japonaise disant que quand un objet est cassé puis réparé, il devient encore plus beau. Cette philosophie me rappelle précisément le concept des Dover Street Markets. Un beau chaos pourrait être la définition de la beauté de Rei Kawakubo et cette philosophie se lit dans chacune des silhouettes de la dernière collection P/E2016. Ici, on a affaire à une armée de punk/flâneurs qui doivent certainement avoir à coeur de "live free and die strong" . A l'origine, le terme de flâneur était utilisé par Baudelaire pour décrire un artiste indépendant, passionné et altruiste. Cet archétype de l'homme moderne va de paire avec les personnages que Rei Kawakubo décrit dans sa collection. Les mannequins portent tous des coiffes jaunes entortillées qui allaient avec la couleur de leurs cheveux ou bien des chapeaux de Gavroche. Ils ont le choix de porter des costumes pantalons ou shorts, oversized, ressemblant presque à des jupes. Les vêtements sont abîmés puis réparés et embellis par des boutons pression sur les vestes sans manches, les trench coats, les vestes et les chemises. Il y a des trous et des découpes sur les vêtements comme s'ils avaient subi quelque intervention chirurgicale. Il y également des trous étranges et inhabituels dans le dos, sur les côtés & sur les manches des vestes et des fentes sur les pantalons.  On peut voir aussi des patchworks qui me rappellent la technique japonaise du Boro (l'art de mixer les tissus), technique chérie par Junya Watanabe. de toute manière, toutes les silhouettes sont construites sur cette idée de mélanger les textures, les matières et les proportions. Ainsi, un costume imprimé d'un paysage da la campagne anglaise (ressemblant à du Gainsborough) est associé à une veste sans manches ornée de boutons en métal et à une chemise, toutes les deux à carreaux. Il n'y a que Kawakubo pour mettre autant de beauté dans ses vêtements et pour exprimer autant de pouvoir et de liberté. Encore une fois, elle nous prouve que la beauté est le résultat d'un artisanat hors du commun et d'une perfection inattendue. Maintenant, je comprends pourquoi elle croit qu'il n'y a pas qu'une seule définition pour qualifier la beauté. En fait, il n'y a simplement pas de règles. Si l'on peut créer en prenant en considération la philosophie Comme des Garçons, on peut créer sans aucune limite.












Pics by Ilkyer Akyor via Dazed Digital


Words by Yann Sackville West





Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire