24/07/2015

THE NEW NORMAL

I'm not myself anymore. Yet this is me. Dear Readers, you are now reading the third article that I am dedicating to Gucci! Since Alessandro Michele's arrival, I have found that I have a passion (sometimes it could be seen as an obsession) for the Florentine brand. The collections, the ad campaigns, the silhouettes, the accessories, I love everything and I am literally flabbergasted by so much beauty. Beauty is often at the core of our articles because, as far as we are concerned, one designer's definition of beauty is the key to understand his/her creation. For instance, according to Rei Kawakubo, beauty comes from Chaos. For J.W.Anderson, beauty is a matter of radicalism and uncompromising ideas. For Alessandro Michele, just like for Hedi Slimane in a certain way but more subtly perhaps, beauty has to be found in the past to create something resolutely modern. In addition to that, his definition of beauty is a matter of gender or it lies in the absence of genders (a hot topic in fashion and beyond these days). After his Spring Summer 2016 collection, the designer said that if the clothes are beautiful, the question of who is wearing them is secondary and he added:" My idea of masculinity is beauty". These words are fundamental to understand Michele's work. And since it is beautiful (even magnificent!) why should I deny myself the pleasure of admiring the clothes and why should I look away just because it doesn't fit in my aesthetics? Because I have to admit it, between Gucci and I, there is a wide, wide gap. I am realistic and perfectly know that if I wore Gucci, it wouldn't do me justice. Maybe a piece here and there but I don't think I am not the core target imagined by the designer. That's a shame because I'd love to be a Gucci Boy once. Unfortunately, I am not androgynous, hairless or skeletal enough.

Je ne me reconnais plus. Et pourtant c'est bel et bien moi. Cher lecteurs, chères lectrices, vous êtes à l'instant en train de lire mon 3ème article consacré à Gucci. Et oui, depuis l'arrivée d'Alessandro Michele, je me suis découvert une passion (parfois ça vire même à l'obsession) pour la marque florentine. Les collections, les campagnes, les silhouettes, les accessoires j'aime tout et je suis subjugué par tant de beauté. La beauté est bien souvent au centre de nos articles car pour nous, la définition de beauté d'un designer c'est la clé pour comprendre sa création. Pour Rei Kawakubo, par exemple, la beauté vient du chaos. Pour J.W.Anderson, la beauté de sa mode vient de sa radicalité, de son caractère sans compromis. Pour Alessandro Michele comme pour Hedi Slimane d'une certaine manière, mais beaucoup plus subtilement, la beauté vient du passé et de comment on le retravaille pour en faire quelque chose de résolument moderne. En plus de ça, sa définition de beauté est aussi affaire de genre ou plutôt d'absence de genres (un sujet brûlant dans la mode et au delà ces derniers temps!). Après son défilé Printemps Été 2016, le designer a déclaré que si les vêtements sont beaux, peu importe qui les porte en ajoutant:"Mon idée de la masculinité c'est la beauté". Cette phrase est fondamentale pour comprendre le travail de Michele. Et puisque c'est beau voire même magnifique, pourquoi devrais-je bouder mon plaisir et détourner le regard sous prétexte que ça ne correspond pas à l'esthétique qui m'est propre. Car je crois bien que entre Gucci et moi, il y a un fossé infranchissable. Je suis réaliste et sais très bien que je ne serais pas vraiment à mon avantage dans du Gucci. Peut-être une pièce ça et là mais je ne corresponds pas vraiment au cœur de cible pensé par le designer. C'est bien dommage car une fois, rien qu'une fois j'aimerais être un Garçon Gucci. Hélas, je crois bien ne pas être assez androgyne, imberbe et squelettique.






However, even if I am much into black, white, oversized shapes and the graphic side of a silhouette, I am never tired of looking, contemplating and writing about Gucci. And after all, you may be on a diet, you're still allowed to look at the patisserie window. Before the SS16 colection was presented a month ago, I had absolutely no doubts that I would love it. It's crazy how I changed my mind about Gucci in no time at all. But I am not the only one, many in the fashion industry have revised their expectations upwards feeling the huge potential of Alessandro Michele. He is writing a brand new history for Gucci while remaining incredibly faithful to its aesthetics (the essential 70s retro vibes), to its logo (you can find the double G on the bags, belts or printed on trench coats for instance), to its name (on the large leather tote bags) or to its basics (the green and red colours, the snaffle trim mocassins), the designer also adds his touch or beyond that, he embellishes all the collection with a bohemian/romantic spirit. Embellishing is here the perfect word to describe the incredible work on the garments: everything is embroidered, accessorized and enhanced by an impeccable styling. I love when a collection is romantic because romanticism is something speaking to my heart & soul. As the singer Emilie Simon says in one of her songs "I don't have to be romantic, I just have to be me" and that's why this collection is made for me. If I were a Gucci boy, I would wear all these japonaiseries like nobody else: the total looks embroidered from head to toe, the neo red tracksuit mixing the Royal Tennenbaums with Mrs Butterfly, the blue studded biker jacket (that we will see everywhere next year) or the graphic printed suits (very 70s wallpaper) embroidered with insects, flowers, birds or fruit: a real garden of Eden! The colorful pieces also make my heart beat quicker: red, emerald green, jade green or the orange of the trench coat or the one in blue denim tie and dye. I want to roll around in the silk and lace (even if I am not brave enough to wear the lace shirts) and want to wear the combo macramé jumper + macramé shorts would be perfect for holidays in a 70s Saint Tropez. I want (and I think Yann wants them too) all the pyjama looks, the long neo dressing gowns, the boots (simple but so so desirable), the sandals... The list could be even longer trust me.

Cependant, même si j'adore le noir, le blanc, les formes oversized et le côté graphique d'une silhouette, je ne me lasse pas de regarder, de contempler et d'écrire sur Gucci. Et puis après tout, comme on dit, ce n'est pas parce qu'on est au régime qu'on ne peut pas regarder la carte des desserts. Avant que la collection P/E2016 soit présentée à Milan il y a un mois, je n'avais aucun doute que j'allais aimer. C'est fou comme j'ai changé d'avis sur Gucci en un rien de temps. Je pense que ce n'est pas que moi et que beaucoup dans le monde de la mode ont revu leurs attentes à la hausse sentant le potentiel énorme qui émanait d'Alessandro Michele. Avec lui, c'est une toute nouvelle histoire qui s'écrit pour Gucci tout en restant extrêmement fidèle à l'esthétique de la marque (le côté rétro 70s de Gucci c'est sa pierre angulaire), à son logo (le double G se retrouve sur les sacs, les ceintures et en imprimés sur des trench-coats par exemple ), à son nom (les tote bags en cuir siglés GUCCI) & à ses "basiques" (le vert & le rouge ou bien les mocassins à mors), Michele rajoute une touche et même plus que ça, il embellit toute sa collection d'un esprit romantique et bohème. Embellir c'est ici le mot car on a affaire à une collection de pièces brodées, accessoirisées et sublimées par un styling impeccable. Moi j'aime quand une collection est romantique parce que le romantisme ça me parle. Comme dirait Emilie Simon dans une de ses chansons "I don't have to be romantic, I just have to be me" (Je n'ai pas besoin d'être romantique, il me faut juste être moi-même), c'est pourquoi voilà une raison de plus pour laquelle cette collection est faite pour moi. Je porterais toutes ces japonaiseries comme personne si j'étais un Garçon Gucci: les total looks brodés des pieds à la tête, le néo-survêtement rouge croisement entre la Famille Tennenbaum et Madame Butterfly, la biker jacket bleue cloutée (que l'on verra partout l'année prochaine j'en suis sûr) ou bien encore les costumes imprimés graphiques très papier peint des années 70 brodés d'insectes, d'oiseaux, de serpents ou de végétaux; un vrai jardin d'Eden! Les pièces plus colorées me font également battre le cœur plus rapidement: le rouge, le vert émeraude, le vert jade, le orange du trench-coat ou bien celui en tie and dye bleu denim. Je veux aussi me rouler dans la soie, la dentelle (même si pour les chemises en dentelle je ne suis pas assez téméraire) et le look short + pull en macramé brodé d'un large papillon et d'une ancre serait parfait pour une villégiature dans le St Tropez des années 70. Je veux (et Yann aussi je pense) les pyjama looks, les longues néo-robes de chambre, les boots (simples mais terriblement désirables), les sandales...etc La liste serait encore longue si je devais continuer. 







Backstage Pictures by Virginia Arcaro for Dazed
This Spring Summer 2016 Gucci collection is magnificent because it speaks to the hidden part inside me wishing to be somebody else. It may be the first time that I am feeling this in front of a menswear fashion show. I can feel this way watching a movie, a TV show or reading a book. But when it came to menswear, I was more into spotting what I could wear/buy. Since this "newgen Gucci", Men's Fashion has had a brand new meaning and now, everything seems possible & feasible. Trimmings, flowers and ascots everywhere, a girl closing a menswear fashion show, this is the New Normal. So, see you in two months for my next article about Gucci after the Spring Summer 2016 womenswear collection. Two long months before I could satisfy this refreshing obsession again.

Cette collection Printemps Été 2016 est magnifique en tout point car elle parle à cette part enfouie en moi qui rêverait d'être quelqu'un d'autre. Je crois que c'est la première fois que je ressens ça en regardant de la mode masculine. Il m'arrive d'éprouver ce sentiment en regardant un film, une série ou en lisant un livre mais quand il s'agissait de mode, jusqu'à lors, je prêtais plus attention à ce que j'allais pouvoir porter ou adapter. La mode hommes a pris un tout nouveau sens pour moi depuis ce Gucci nouveau et maintenant tout me semble possible et faisable. Des fanfreluches, des fleurs à gogo, des cols Lavallière comme s'il en pleuvait, une fille qui ferme une collection Hommes, tout ça c'est le Nouveau Normal. Alors rendez-vous dans deux mois pour le prochain article sur Gucci après la collection Femmes Printemps Été 2016. Deux longs mois à attendre pour une nouvelle fois assouvir cette rafraîchissante obsession.


Words by Charles Margueritte





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