20/11/2015

PARIS JE T'AIME

Une semaine aujourd'hui. Une semaine. Une semaine qui est passée aussi vite qu'elle m'a semblé durer une éternité. Une semaine de tristesse, de révoltes intérieures, d'envie de hurler. Une semaine à chercher des réponses à des questions qu'on ne s'était jamais posé auparavant. Une semaine à tenter de faire comme si de rien n'était alors que nous ne sommes pas dupes, rien ne sera plus comme avant. J'entends partout "On n'a pas peur". Pourtant, on a peur, on est mort de trouille même mais on ne veut pas que cette peur l'emporte. On vaut bien plus que ça. Nos vies vaudront toujours un million de fois plus que leurs idéologies nauséabondes.

One week today. One week. One week that has gone as fast as it seems to have lasted an eternity. One week of sadness, of inner revolts, of need to scream. One week looking for answers to questions we never asked before. One week trying to act as if nothing happened but we are no fools, nothing will be the same ever again. Everywhere I can hear people telling "We are not afraid". Yet, we are, we are frightened but we don't want this fear to win. We are much more valuable than it and our lives will always be much more valuable than their putrid ideologies.

Alors la vie continue comme on dit. On allume des bougies. On se retrouve en terrasse pour boire des verres, on retournera voir des concerts, on ira voir des matchs de foot, on se rassemblera, on rira, on parlera de tout et surtout de rien. On s'embrassera, on se prendra dans les bras. On ricanera bêtement en pensant à des conneries. On essaiera d'avancer et de ne plus y penser. Mais on avancera et on y pensera encore parce que rien de tout ça ne devrait arriver. En France ou ailleurs. Rien de tout ça n'est et ne sera jamais normal.

So, as they say, life goes on. We are lighting candles. We are meeting friends to have drinks outdoors and will go to gigs again, will go to football games again. We will gather, laugh, chat about everything and nothing in particular. We will kiss again, take people in our arms again. We will jeer again when thinking about stupid things. We will try to keep going, we will try to forget. We will keep going but we will never be able to forget because it shouldn't happen. In France or everywhere else in this world. It is not and will never be a normal thing.

Depuis une semaine j'essaye de me convaincre que ça va aller et que ces larmes dans mes yeux qui coulent sans prévenir, que cette boule dans ma gorge qui m'empêche de parler vont passer et partir comme elles sont arrivées. Ça fait une semaine que je me dis que je dois me changer les idées et écrire sur la mode, cette chose si française qui m'anime et qui fait battre mon cœur un peu plus fort. Une semaine que je n'y arrive pas. Peut-être parce que ça me semble bien futile ou peut-être simplement parce que ma tête est trop remplie de toutes ces images que l'on a tous vues même si nous ne le voulions pas, de tous ces visages, de toutes ces personnes que je connaissais pas mais qui me semblent avoir toujours été des amis, de tous ces messages sur Facebook et ailleurs de personnes qui ont perdu un proche ou plusieurs, de ces enfants qu'on interviewe et qui confirme l'adage que "la vérité sort de la bouche des enfants". Aujourd'hui j'ai l'impression que j'ai encore plein de larmes à venir alors j'écris, je vous écris plus pour exorciser que pour véritablement vous racontez quelque chose je vous écris pour vous racontez à quel point j'aime Paris et à quel point Paris signifie beaucoup de choses pour moi. 

I have kept on telling myself that it will be fine for a week now and that these tears in my eyes and this knot in my throat will go away. I have spent this week thinking about how to take my mind off things. All this week, I have been unable to write about Fashion, about this very French thing that makes my heart beat a little faster. This may seem too futile for the moment. I don't know. Maybe my head is just too filled with all these images we have all seen even if we didn't want to, with all these faces, with all these persons I did not know but who could have been friends, with all these messages posted on Facebook or anywhere else from people who lost someone. Today, I feel like I still have loads of tears to come so I am writing. Writing here is an exorcism, a way to tell you how much Paris means the world to me.

Quand j'étais petit, Paris c'était avant tout le Musée du Louvre. Vous vous dites sans doute que je devais être un petit garçon plutôt ennuyeux, le genre de binoclard (même si je n'avais pas de lunettes) qui a toujours la bonne réponse. Ce n'était pas trop moi pourtant. J'étais timide, solitaire et l'art c'était tout pour moi. Je pouvais passer des journées à regarder des livres de peinture. Le Louvre c'était l'El Dorado pour moi. L'endroit sur Terre où tous les trésors de la peinture sont rassemblés. Alors dès que je le pouvais, j'y allais accompagné d'une étudiante de l'Ecole du Louvre qui connaissait tous les secrets, toutes les anecdotes, j'étais fasciné. Quand j'étais petit, Paris c'était pour moi la plus belle ville du monde, l'endroit rêvé pour vivre et visiter des musées. En grandissant, Paris est devenue la ville parfaite pour faire la fête, pour boire des verres, des verres et encore des verres, pour danser de manière absurde sur du Sexy Sushi, pour faire des nuits blanches ou dormir à quinze dans une petite pièce. A Paris j'étais libre d'être moi-même, je n'avais pas besoin de jouer un rôle, je pouvais être Charles, le garçon qui aime les garçons et qui, contrairement aux apparences, sait s'amuser. Le Musée du Louvre me semblait bien loin. A cette époque, c'était surtout Bastille que je connaissais. Bastille et ses endroits où l'on savait prendre du bon temps. Bastille et ses endroits où Carpe Diem est un art de vivre. Et puis l'amour a fait irruption dans ma vie. Mes premiers amours c'est à Paris que je les ai connus, c'est à Paris que j'ai angoissé à l'idée d'aller à leur rencontre, que j'ai tenté de cacher mon émotion lorsque nos regards se sont croisés, que nos mains se sont frôlées, c'est à Paris que j'ai pleuré sur un quai de gare, à l'entrée d'un métro au moment des adieux. Le Musée du Louvre et Bastille je ne savais même plus ce que c'était. C'était les parisiens qui occupaient mon esprit. C'était le 13ème arrondissement. Le cinéma MK2 de la bibliothèque François Mitterrand C'était le jardin des Tuileries, Ce café où je l'ai pris en photo. Et puis les parisiens s'en sont allés. Ma vie a continué. J'ai espéré de tout mon coeur être pris à la Sorbonne pour ce Master qui aurait illuminé ma vie trop sombre à l'époque. Puis j'ai rencontré Yann, l'Amour de ma vie, mon meilleur Ami. Yann pour qui Paris signifie aussi des tonnes de souvenirs, de fêtes, de concerts, de rires, de ballades à n'en plus finir, de sessions shopping effrénées. Nos vacances à Paris sous la pluie en plein juillet. Notre promenade dans Belleville avec Noëlla, nos verres en terrasse avec Asmae, nos séjours chez la soeur de Yann en plein Marais, les expos que l'on a vues. Retourner avec Yann au Louvre après toutes ces années avait ce petit goût de première fois. Aller voir La Roux l'année dernière au Bataclan avec notre amie Véronique et danser et chanter à ne plus pouvoir s'arrêter. Se promener le long du Canal Saint Martin. S'asseoir sur le parvis de Beaubourg. Aller manger un croque monsieur rue Montmartre. Regarder les vitrines de Noël du Printemps. Repenser aux films Les Chansons d'Amour, à Paris Je T'Aime. Et puis Sourire. Sourire encore. Etre heureux. Etre bien.

When I was a little boy, Paris was all about Le Louvre for me. You may think I was some kind of Mr Know-It-All boring boy with glasses. First, I did not wear glasses and I was pretty shy and lonely to tell you the truth. Art meant everything to me. I could spend hours reading art books. As far as I was concerned, Le Louvre was the El Dorado. The place on Earth where all the treasures of painting were. So when I could, I went there for a visit with an Ecole Du Louvre student who knew all the secrets and anecdotes. I was literally fascinated. When I was a little boy, Paris was undoubtedly the most beautiful city in the world, the perfect place to live and visit museums. When I grew up, Paris became the ideal place to party and have drinks, drinks and drinks, to dance in an absurd way to Sexy Sushi, to have sleepless nights. In Paris, I was free to be whoever I wanted to be. But most of all, I could be Charles, the boy who loves boys and who, contrary to the preconceived idea, knew how to have fun. At that time, le Musée du Louvre seemed so far away. At that time, I was more into La Bastille. La Bastille and its places where Carpe Diem is not an empty proverb but more a way of life. And then, love burst into my life. My first love interests were both from Paris. This was here that I first felt this fear of meeting them, that I hid my emotion when our eyes met, when our hands touched. This was in Paris that I first cried for a boy, on the platform of a station, in the subway when saying "Bye". At that time, I did not remember where Le Musée du Louvre or Bastille were. The Parisian boys kept my whole mind occupied. At that time, it was the 13th district. The MK2 Movie Theater near the François Mitterrand library. It was le Jardin des Tuileries or this café where I took a picture of him. And then, one day, the Parisian boys went away and my life went on. I desperately needed to enter the Sorbonne to forget about these darker days but life had some surprises for me. I met Yann, the Man of my Life, my Best Friend. Yann who also has a lot of stories related to Paris. Parties, concerts, laughter, endless strolls in the city and mad shopping sessions. Our wet holidays in July. Our walk in Belleville with Noëlla, our drinks outdoors with Asmae, our stays at Yann's sister's flat in Le Marais, all the exhibitions we visited. Going back to Le Louvre with Yann after all these years had, in a way, a first time taste. Going to see La Roux's gig at Le Bataclan with our friend Véronique, where we couldn't stop singing and dancing. Walking along le Canal Saint Martin. Sitting in front of le Centre Pompidou. Eating a croque monsieur in the rue Montmartre. Watching the Printemps Christmas windows. Thinking about such movies as Les Chansons d'Amour or Paris Je T'Aime. And smiling. Smiling again. Feeling happy. Felling good.

Paris c'est une somme de souvenirs. Certains petits voire insignifiants. D'autres majeurs, essentiels. Et ça, toute la bêtise du monde, toute sa barbarie, toute sa violence ne pourront jamais me retirer, nous retirer à tous ces images, ces impressions, ces instants de grâce, ces minutes où le temps suspend son vol pour ne laisser que la douceur de vivre, le bonheur d'être là et nulle part ailleurs. Paris je t'aime!

Paris means a ton of memories to me. Some are small, even insignificant. Others are major, essential. And all the violence, the savagery, the idiocy of the world could not take these images, these impressions, these moments of grace, these minutes when time suspends its flight from me. It will always remain this sweet life, this happiness to be here and nowhere else in the world. Paris je t'aime!


Quelques doux souvenirs de Paris...// Some sweet memories of Paris...


MUSEE DES ARCHIVES NATIONALES

MUSEE DU LOUVRE
JARDIN DES PLANTES
JARDIN DES TUILERIES
ABBESSES
CANAL SAINT MARTIN
MUSEE DE L'IMMIGRATION
JARDIN DES PLANTES
LA VILLETTE
FLORENCE + THE MACHINE at CASINO DE PARIS
JARDIN DES TUILERIES
PARIS 3EME
OPERA DE PARIS
RUE VIEILLE DU TEMPLE
RUE DES ARCHIVES
CITE DE LA MODE ET DU DESIGN
PALAIS ROYAL
BELLEVILLE
MURAKAMI at GALERIE EMMANUEL PERROTIN
PALAIS GALLIERA
MUSEE DE L'IMMIGRATION

PALAIS ROYAL
MUSEE DU LOUVRE
BELLEVILLE
BELLEVILLE
MUSEE DU LOUVRE
GALERIES LAFAYETTE
LA ROUX at BATACLAN
RUE DES ROSIERS



Words by Charles Margueritte




2 commentaires:

  1. Reading your story on how Paris has always been deeply embedded in your life and love brought tears to my eyes. Your writing is beautiful and so touching and I love how you paid a tribute to Paris and champion the city's resilience. Great work!

    http://passportcouture.com

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    1. Thank you so so much for all these kind words! They mean the world to me!

      Charles

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